Distinction entre Blockchain privée et Blockchain publique

Tout d’abord, rappelons que la distinction Blockchain publique/Blockchain privée ne repose pas sur une distinction entre Blockchain de personnes publiques (Etats, collectivités…) et Blockchain de personnes privées (entreprises, ONG, etc).

En réalité, les réseaux de Blockchain peuvent être distingués :

· Selon qu’ils sont ouverts à l’écriture* (envoi et validation de transaction) et à la lecture* (libre accès au registre des transactions) sans restriction d’accès au public : c’est le cas de la Blockchain publique qui a un caractère ‘’ouvert’’ ;

· Ou que l’écriture ou la lecture informatique soit soumise au préalable à l’acceptation d’un tiers : c’est le cas de la Blockchain privée qui a un caractère ‘’fermé’’.

NB : S’agissant du caractère ouvert de la Blockchain publique, cela ne veut pas dire que tout est visible en claire (et donc à la portée de tous). En effet, la Blockchain ayant un haut niveau de chiffrement (c’est-à-dire des informations sur les transactions représentées par une longue série de numéros et de caractères illisibles), le registre est simplement lisible par les parties prenantes ou celles qui sont ‘’permissionnées’’, c’est-à-dire autorisées à reconnaitre les transactions.

Aussi, concernant l’infrastructure informatique, la différence Blockchain privée/Blockchain publique n’induit pas forcément de changement dans le code utilisé pour la création de ces deux types de réseaux. Le seul élément qui varie est la possibilité d’accès à ce code :

· L’accès est autorisé au public dans le cadre de Blockchains publiques ;

· L’accès n’est pas autorisé au public dans le cadre de Blockchains privées.

De manière plus approfondie, cette accessibilité est offerte à ceux qui possèdent ou peuvent accéder aux nœuds qui constituent le réseau : En Blockchain public, il est simple de se connecter à un nœud, tandis qu’en Blockchain privée les nœuds sont réservés aux membres d’un consortium*.

Par ailleurs, chacune de ces deux structures a des avantages et des inconvénients bien distincts que nous allons analyser ci-dessous :

Avantages de la Blockchain privée

Rapidité : Les Blockchains privées peuvent traiter bien plus de transactions par seconde que les Blockchains publiques. En effet, l’accès est limité à un certain nombre de participants, ce qui permet mécaniquement d’obtenir un consensus beaucoup plus rapidement sur le réseau grâce à une probabilité plus faible de congestion*.

De plus, il est possible de passer simplement d’un algorithme de consensus Proof of Work* (PoW) à un Proof of Authority* (PoA), passage qui est bien plus complexe à effectuer sur une Blockchain publique.

Évolution : Contrairement à un système décentralisé où l’obtention d’un consensus pourrait prendre du temps, le processus décisionnel dans un réseau privé est plus centralisé (car le nombre de noeuds est beaucoup moins important que pour une Blockchain publique) et donc beaucoup plus rapide.

Désavantages de la Blockchain privée

Un besoin de confiance : Contrairement à la Blockchain publique qui ne vous oblige pas de faire confiance à qui que ce soit (puisque le réseau est ouvert au public), l’intégrité du réseau de la Blockchain privée dépend de la crédibilité des nœuds autorisés, puisqu’il faut faire confiance à leurs détenteurs censés eux-mêmes vérifier et valider les transactions. Aussi, la validité des documents ne peut être vérifiée de façon indépendante. Les acteurs externes à la Blockchain doivent ainsi lui faire confiance alors qu’ils n’ont aucune possibilité de contrôle sur la vérification des données qui y sont transférées.

Sécurité : Avec moins de nœuds, il est beaucoup plus facile pour un hacker de prendre le contrôle du réseau et de manipuler les données qui y sont inscrites.

Centralisation : Le réseau privé doit être construit et entretenu par une entreprise ou un consortium d’acteurs de l’industrie, ce qui comprend le maintien d’un système complexe de gestion d’identité et d’accès pour les utilisateurs. Cela conduit souvent à la centralisation, chose que nous sommes censés éviter avec la Blockchain !

Avantages de la Blockchain publique

Nul besoin de confiance : L’objectif est d’éliminer les intermédiaires de toute forme et, plus important encore, de supprimer le besoin de confiance que les acteurs de la vie des affaires doivent placer en eux pour le bon déroulement de leurs opérations. La Blockchain publique est d’ailleurs pleine d’avenir dans ce domaine.

Sécurisée : Plus la décentralisation et la participation active sont importantes, plus une Blockchain sera sécurisée. Autrement dis, plus il y aura de nœuds dans le réseau, plus il sera difficile pour les hackers d’attaquer le réseau. Dans un réseau public, n’importe qui peut participer à la maintenance d’un nœud et/ou être un mineur à part entière et contribuer à la sécurité du système. Il est pratiquement impossible pour les hackers de s’entendre et de travailler ensemble pour prendre le contrôle du réseau de consensus.

Ouverte et transparente : Toutes les données relatives aux transactions sont accessibles au public pour vérification. La transparence d’une Blockchain publique est peut-être une caractéristique majeure qui promet un large éventail de cas d’utilisation, du vote aux transactions financières. De plus, n’importe qui peut vérifier la validité des transactions et des données enregistrées.

Désavantages de la Blockchain publique

Lenteur : Il n’est pas surprenant que les Blockchains publiques et sans permission soient extrêmement lentes. A titre d’exemple, Bitcoin peut traiter 7 TPS (Transactions par secondes) et Ethereum peut en traiter 15.

A l’inverse, un processeur de paiement centralisé tel que Visa peut en effectuer plus de 20 000. Une Blockchain publique est lente car il faut du temps à l’ensemble du réseau pour parvenir à un consensus sur l’état des transactions, via des mécanismes tel que le Proof of Work des bitcoins. Il y a également des limites quant au nombre de transactions pouvant entrer dans un bloc et au temps nécessaire pour le traitement des transactions au sein de ce bloc.

Adaptation : Actuellement, les Blockchains publiques ne peuvent pas concurrencer les systèmes traditionnels qui peuvent traiter d’énormes quantités de transactions. En effet, plus le nombre de participants croit, plus le nombre de transaction à traiter dans le réseau augmente et plus la Blockchain publique est lente.

Toutefois, diverses technologies et innovations sont conçues et mises en œuvre pour améliorer considérablement l’adaptation des Blockchains :

· Par exemple, le Ligthning Network où vous pourrez trouver des informations sur le lien suivant : https://cryptoactu.com/bitcoin-lightning-network/;

· Ou encore des innovations sur le consensus en Blockchain Publique tel que Tezos pouvant aller théoriquement jusqu’à 30.000 TPS. Jusqu’à présent, a été prouvé 6000 transactions par block, 1 block = 1min, cela nous donne 100 TPS. Le caractère évolutif de Tezos montre bien que cela n’est qu’un commencement et que ce chiffre sera vite amené à évoluer.

Consommation d’énergie : L’algorithme de consensus de Bitcoin, le Proof of Work, utilise une quantité importante de ressources électriques pour fonctionner, ce qui a soulevé des inquiétudes sur le plan environnemental. En effet, la Blockchain Bitcoin consomme autant d’électricité que l’Irlande, ou autant que 5% de la consommation d’énergie mondiale utilisée pour fabriquer de l’Aluminium. C’est pour répondre à ce problème que de nombreux autres mécanismes de consensus ont vu le jour, beaucoup moins énergivore comme par exemple le Proof of Stake* (PoS), le Deleguated Proof of Stake* (DPoS) ou encore le Proof of Authority mentionné plus haut. Tout est une histoire de pour et de contre en fonction du cas d’étude (améliorer le nombre de transactions par seconde ? Valider une transaction par un vote ? etc).

Focus sur la Blockchain Publique Ethereum:

La Blockchain publique la plus connue est la Blockchain Bitcoin. Toutefois, la Blockchain Ethereum* est également un réseau très utilisé, réseau qu’utilise actuellement Equisafe. Nous utilisons un niveau de ‘’permissionnement’’ : Lors d’une analyse de cas financier, nous souhaitons garantir un certain niveau d’audit tout en autorisant l’accès à l’écosystème uniquement aux personnes authentifiées et donc autorisées à détenir des titres financiers. Ce faisant, nous arrivons à tirer le meilleur de la Blockchain publique et privée. Pour ce qui est des problèmes de scalabilité (nombre de TPS), notre focus étant sur le marché des titres financiers dits ‘’titres financiers privés’’, nul besoin de faire du Trading à haute fréquence. Ceci étant, nous étudions d’autres Blockchains pour répliquer notre infrastructure pour des demandes toujours plus exigeantes en terme de nombre de TPS requis.

S’agissant du fonctionnement d’Ethereum, les participants du réseau ne se contentent pas de valider des transactions monétaires comme sur la Blockchain Bitcoin. Ils exécutent du code, code permettant la mise en place de smart contracts qui constituent le cœur du potentiel d’Ethereum. Tout type de transaction ou d’application est donc envisageable sur cette Blockchain publique.

De plus, Ethereum fonctionne avec une cryptomonnaie* (une monnaie virtuelle créée et échangée sur un réseau Blockchain), l’Ether,* qui a une fonction particulière : payer les mineurs qui élaborent, exécutent et surveillent le bon fonctionnement des smart contracts. Il apparaît ainsi indispensable pour les sociétés désirant créer des applications ou services via la Blockchain d’acheter de l’Ether pour que les smart contracts fonctionnent. Cet achat s’effectue soit par carte bleu (par exemple sur Coinhouse), soit sur une plateforme internet (comme Kraken ou CoinBase).

Il n’est d’ailleurs pas évident de comprendre la différence entre la Blockchain et les cryptomonnaies de prime abord. La confusion provient notamment de deux choses :
-La Blockchain et le bitcoin ont été lancés au même moment ;

-Comme évoqué ci-dessus, la Blockchain publique la plus connue s’appelle ‘’Bitcoin’’ (représentée avec un ‘’B’’ majuscule’’), le bitcoin étant lui-même une cryptomonnaie (représenté par un ‘’b’’ minuscule).

Et c’est là tout le problème, puisqu’une Blockchain et une cryptomonnaie sont certes deux choses différentes, mais cela n’empêche pas qu’elles interagissent entre elles ! Nous pouvons expliquer cette interdépendance en comparant une application (par exemple Uber ou Whatsapp), et la plateforme sur laquelle cette application s’exécute (IOS ou Android). Ici, la Blockchain peut être assimilée à la plateforme et les crypto monnaies à une application qui s’exécute sur cette plateforme Blockchain.

NB : A l’inverse, d’une Blockchain publique, une Blockchain privée ne nécessite pas l’utilisation de cryptomonnaies.

En supplément, vous trouverez ci-dessous une synthèse de l’ensemble des avantages de la Blockchain évoqués dans les articles précédents !

Bilan des avantages de la technologie Blockchain

La Blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations (par exemple pour la conservation et le transfert des données des émetteurs ou investisseurs nécessaires à l’exécution d’un smart contract) dont les nombreux avantages sont les suivants :

- Traçabilité (Grâce au système d’ajouts de blocs, l’historique de toutes les transactions est conservé)

- Décentralisée (à travers les différents nœuds répartis sur des points géographiques différents)


- Sécurisée (Protection contre les attaques à 51% du fait de la décentralisation et la puissance de calcul très importante de la Blockchain ; les transactions enregistrées dans les blocs ne sont pas modifiables et ne peuvent être supprimées)

- Simplification et réduction du couts des transactions (smart contracts permettant de gagner du temps et d’uniformiser les procédures KYC/AML).

Rappel du vocabulaire technique

Écriture sur la Blockchain : Possibilité d’envoyer et/ou valider des transactions sur la Blockchain.

Lecture sur la Blockchain : Possibilité d’avoir un libre accès sur le registre des transactions de la Blockchain.

Consortium : Une Blockchain privée est partagée entre différents acteurs ayant un intérêt à collaborer ensemble. Par exemple, ces consortiums sont composés de différentes organisations membres d’une même industrie.

Congestion : Si le nombre de transactions est trop élevé sur la Blockchain, la vitesse de traitement de ces transactions sera fortement réduite.

Proof of Work (PoW) : C’est le premier algorithme de consensus qui a vu le jour dans un réseau Blockchain. En informatique, un algorithme de consensus est un processus utilisé pour assurer la fiabilité des données inscrites dans les nœuds de ce réseau. Plus précisément, un registre décentralisé regroupe toutes les transactions en blocs pour créer un historique. Cependant, il faut prendre soin de confirmer chaque transaction et d’affecter les blocs sur des nœuds par des mineurs, ce que permet le PoW et donc dans le même temps de prouver les transactions facilement et rapidement.

Proof of Authority (PoA): Le fonctionnement est le suivant : une ou plusieurs entités sont chargées de générer chaque nouveau bloc de transactions qui sera inclus dans la Blockchain. Le nouveau bloc pourra être accepté soit directement sans vérification, soit à l’unanimité des générateurs du bloc, ou enfin simplement à la majorité et ce en fonction de la configuration choisie pour la Blockchain.

Proof of Stack (PoS) : Ce consensus demande à l’utilisateur de prouver la possession d’une certaine quantité de cryptomonnaie (leur « participation ») pour prétendre avoir un contrôle sur la validation des blocs supplémentaires dans la Blockchain.

Delegated Proof of Stake (DPoS) : Ce consensus met en place un système de vote dans lequel les utilisateurs de la plateforme devront voter pour des représentants chargés de valider les blocs à leur place. Le droit de vote des utilisateurs est proportionnel à la quantité de cryptomonnaies que chacun détient.

Cryptomonnaie : Monnaie virtuelle créée et échangée sur un réseau de Blockchain.

Ethereum :
Blockchain publique servant à coder des smart contracts et d’envisager ainsi tout type de transaction ou d’application.

Ether : Cryptomonnaie permettant de rémunérer les acteurs s’occupant de la Blockchain Ethereum, notamment les mineurs.

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