Comment les systèmes comptables sont passés de la pierre à la blockchain ?

Le registre des mouvements de titres (RMT) est un registre incontournable pour toutes les sociétés par actions ; il répertorie tous les transferts d’actions intervenus (cessions, donations, apports des actions) et de tout autre type de titres (actions convertibles, obligations, etc.) qui seraient émis par une société.

Ces registres sont le coeur des services d’Equisafe. Pour les mettre en perspective, nous avons trouvé judicieux de retracer l’histoire des registres à travers les millénaires pour démystifier la blockchain et le mythique “Jeton” ou “Token”, cette unité de valeur et de lecture comptable.

La tenue de registre n’a quasiment pas évolué depuis l’époque mésopotamienne. En effet, elle est simplement passée de la tablette d’argile au papyrus puis, elle a évolué en cahier petits carreaux pour enfin se dématérialiser sous forme de tableur Excel. La tenue manuelle d’un tel registre est chronophage et fastidieuse. Celle-ci entraîne une efficience réduite, ce qui implique un risque d’erreur à l’égard de toutes les parties prenantes listées dans ce registre et de la diversité de ce qui peut y être inscrit.
Comment faire évoluer ce registre ? Pourquoi existe-t-il depuis si longtemps ? Quels usages chacun de ces médiums a-t-il réinventé ? Voici une chronologie.

Les Tablettes sumériennes : 3 500 Avant J.-C.

Point de vue historique :

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la comptabilité n’a pas été créée suite à l’invention de l’écriture mais plutôt l’inverse. L’écriture découle de la comptabilité, dont on trouve les prémisses en 3 500 Av. J.-C. Les Hommes ont eu besoin d’effectuer des opérations de comptage, ce sont elles qui ont fait apparaître les toutes premières formes de l’écriture. Cette dernière (écriture) servait aux registres des fermes qui stockaient le surplus alimentaire produit. Cela permettait de suivre les flux en tenant à jour des tablettes sur lesquelles étaient inscrites les entrées et sorties de marchandises.

Point de vue technique :

Il s’agissait d’une écriture unique non reproductible. La collaboration était impossible mais n’affectait pas son efficacité, car l’usage était alors simple et codifié.

Le Papier : Premier siècle Après J.-C.

Point de vue historique :

Le papier a été inventé en Chine vers l’an 100. Depuis, les techniques de fabrication ont évolué et il existe beaucoup plus de variantes mais les usages n’ont que peu évolué. Le papier reste très utilisé, notamment dans la tenue de registres de titres. La plupart des entreprises tiennent encore, en 2020, leur registre de mouvements de titres (RMT) sur un cahier petit carreaux, chez eux ou dans le coffre-fort de leur avocat ou expert-comptable. Celui-ci est encore utilisé aujourd’hui pour les actes originaux.

Point de vue technique :

En plus d’être chronophage et fastidieux, effectuer le suivi d’un RMT à travers le papier peut entraîner un certain nombre de limites. Cette technique nécessite une organisation sans faille, pour que le registre reste à jour, et sa consultation n’est pas instantanée. De plus, l’information est centralisée rendant la collaboration très limitée car une personne ne peut y accéder qu’à l’endroit où se trouve physiquement le registre.

Excel : 1985

Point de vue historique :

Excel a été inventé en 1985 par Microsoft. C’est une avancée majeure dans de nombreux domaines comme celui de la gestion, la finance, ou encore la logistique. Excel a permis de démocratiser l’analyse d’information en créant un outil aussi simple d’utilisation que possible.

Point de vue technique :

Excel est un outil performant qui permet de compiler des informations volumineuses. L’écriture est reproductible et il est possible d’ajouter des formules pour analyser les données et automatiser certains processus basiques.

Cependant, les usages du logiciel Excel restent limités. En effet, le fichier est partageable mais la collaboration est difficile en raison de la staticité des données. De plus, la sécurité informatique des tableurs Excel est moyenne. Il est possible de falsifier ou d’anti-dater un tableur Excel aisément. L’information est facilement lisible pour un “hacker”, encore plus si elle est sauvegardée sur un serveur à faible sécurité. Enfin, un tableau Excel ne peut pas faire foi en cas de litige, il n’est pas reconnu comme une preuve opposable pour toutes les raisons évoquées précédemment.

Ainsi, Excel ne reste qu’une forme digitalisée de l’écriture standard car son utilisation n’est pas autonome et implique la mise à jour d’une version papier.

La blockchain : 2008

Point de vue historique :

L’histoire du papier, de l’écriture et de la tenue de registres sont liées car ils permettent tous un standard comptable. Avec la complexification de l’écriture et les besoins croissants de sécuriser les échanges, de nouvelles disciplines ont émergé et se sont perfectionnées comme la cryptographie. Cette dernière permet de répondre aux besoins de communication moderne. C’est d’ailleurs de cette discipline, combinée avec l’essor de l’informatique, qu’est née la technologie blockchain, un registre comptable immuable mais digital, partagé mais chiffré, évolutif et horodaté. La première “chaîne de blocs” a été conceptualisée par une personne (ou une équipe) connue sous le nom de Satoshi Nakamoto en 2008. Cette personne (ou ce groupe), fait partie du mouvement des “CypherPunk” qui prônait une vision sans concession sur la vie privée, au moment de la construction d’internet, et la transparence des institutions monétaires. Ce mouvement a cherché à démocratiser l’usage de la cryptographie pour l’appliquer à la monnaie, Bitcoin. Ainsi, de nombreux usages ont vu le jour depuis, avec comme place centrale le partage de la valeur.

Point de vue technique :

Les champs d’application de la blockchain sont quasiment infinis, la gestion des RMT en est un nouveau. La cryptographie composante majeure de la blockchain, renferme intrinsèquement les composantes nécessaires à une gestion sécurisée, rapide et transparente d’un RMT. Aujourd’hui, la technologie blockchain permet d’automatiser et sécuriser le processus de tenue de ce registre qui est alors horodaté, infalsifiable et traçable. La blockchain permet également d’exécuter un “smart contract”, programme informatique prédéfini selon différentes situations. Ce contrat s’exécute automatiquement, contrairement aux formules Excel qui doivent être saisies manuellement. Enfin, la blockchain est désormais reconnue en France, et dans de nombreux pays, comme une forme de preuve juridique opposable.


Grâce aux progrès technologiques, les moyens de communication et les usages qui en découlent ont beaucoup évolué. De plus, les tokens introduisent une nouvelle manière d’appréhender la comptabilité et la mesure de la valeur. Un token est désormais une nouvelle unité de valeur qui est sécurisée et échangeable instantanément. Ceci va alors inciter des domaines encore traditionnels, comme l’immobilier, a adopter son utilisation. La blockchain est une technologie hybride résultant de l’évolution de nos besoins de communication et d’échanges d’information. En conjuguant transparence, sécurité, confiance et rapidité, elle s’avère être le moyen le plus adapté pour tenir le RMT d’une entreprise. La tenue de ce registre dans son fonctionnement actuel (Excel ou papier) n’est que darwinienne. Pourtant, une fraction d’entreprises a eu la clairvoyance de saisir l’opportunité offerte par la blockchain jusqu’à maintenant. La rupture technologique a eu lieu. Elle rend, jour après jour, un peu plus obsolètes les méthodes utilisées pendant presque 7 000 ans.

Alors, comment tirer profit des avantages évidents apportés par la Blockchain ?



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